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mercredi 15 octobre 2014

C'était comment Clint Mansell au Trianon ?

Si je te dis Clint Mansell ça te parle ? Et Darren Aronofsky ? Toujours pas ? Si ces noms sont pour toi inconnus dans les bas-fonds de tes hémisphères cérébraux, il me semble alors que tu as loupé quelques grands moments de cinéma de ces dernières années. Sauf si bien sûr pour toi la représentation de la sphère du cinéma se limite à Besson pour la France et pour le reste… Bah c’est l’affaire des ricains. Si maintenant je te dis Requiem For a Dream (qui vient du pays de l’Oncle Sam d’ailleurs) ? C’est mieux non ? Et même dans le cas où tu ne l’aurais pas vu, tu as déjà entendu le thème musical principal du film qui a été utilisé une fois sur deux dans les différentes bandes annonces, reportages etc. depuis 10 ans. C’est le thème incontournable que tous les fans de Windows Movie Maker utilisent dans leurs clips dégueulasses pour partager leur passion pour un film sur Youtube ou Dailymotion. Impossible que tu sois passé à travers.



Ce célébré thème a été composé par Clint Mansell, compositeur attitré de Darren Aronofsky (tu comprends maintenant mieux mon interrogatoire du début ?). Ça marche souvent comme cela au ciné, ce qui nous donne des duos prolifiques comme Spielberg/Williams, Hitchcock/Herrmann, Zemeckis/Silvestri etc. (même avec Besson ça marche, Serra-tu le trouver ?)



Si tu continues à me lire, tu vas rapidement te rendre compte que je suis un fan de musique de film. Alors évidemment, s’il y a un compositeur comme Clint Mansell qui fait un concert en France, il y a de forte chance que je fasse partie du public. Et c’était justement le cas la semaine dernière. J’avais déjà assisté à plusieurs concerts de musique de film mais jamais dans le type d’orchestration que propose Clint Mansell. Car le compositeur britannique a l’habitude de collaborer avec le Kronos Quartet. Ajouter à cela un guitariste, un bassiste, un batteur et le clavier électronique du compositeur anglais, on obtient quelque chose de plus minimaliste qu’un orchestre philharmonique mais néanmoins efficace. 



Le concert avait lieu au Trianon, théâtre parisien au décor baroque et à l’ambiance plus propice à accueillir des petits opéras plutôt que du Kaaris. T’as même un bar à l’étage qui te permet de te branler la nouille avant de retrouver ton fauteuil que t’indiquera une placeuse aussi ancienne que la déco du lieu. Une carte postale, qui me fait office de marque page depuis une semaine, est placée sur chaque fauteuil indiquant qu’il est interdit de filmer ou de prendre des photos du concert. J’ai respecté cette consigne (je suis bien éduqué hein ?) et tu ne verras donc ici aucune image captée lors de cet événement par ma personne. L’entrée en scène du maestro se fait sous les applaudissements habituels d’une salle au ¾ pleine. Malgré le succès de ses compositions et sa relative célébrité dans le monde de la musique, Clint Mansell semble être un mec super humble et presque… Timide. La setlist est sans surprise et revisite ses grands classiques (Moon, Requiem for a Dream, The Fountain). 




On a le droit en guise d’ouverture à Pi, le score le plus électronique du compositeur. 



Il nous expliquera également ses mésaventures avec la pression du studio sur le film à gros budget Noé. On sent d’ailleurs que ce score n’est pas le préféré de son auteur. Ça tombe bien, moi aussi. La prestation est bouclée en une heure et 15 minutes, un peu court selon moi. Honnêtement, ce n’est pas le meilleur concert auquel j’ai assisté. Mais Clint Mansell n’est pas non plus pour moi le premier compositeur que je te conseillerai d’écouter si tu veux découvrir le must absolu de la musique de film. Du moins sur l’ensemble de sa carrière. Par contre, son score sur The Fountain est sublime et justifie à lui seul que je me déplace pour assister à l’interprétation de ses compositions en live. Il a d’ailleurs avoué que c’était sa composition la plus réussie et aboutie. Là encore, on est d’accord. Ce qui me laisse à penser qu’il pourra encore nous sortir des petites pépites dans les années à venir, à l’image de celle-ci :



jeudi 4 septembre 2014

La loi de Therion

Aujourd'hui, c'est détente ! Je vais te parler musique. Si tu as une bouteille de champagne au frais, c’est le moment d’aller la chercher car en plus d’être le premier article dédié à ce thème, tu vas pouvoir écouter de la MUSIQUE. Avant toute chose, je préfère te prévenir, je doute que les morceaux que je partagerai feront l’objet d’une reprise merdique chantée par Bruel et sa clique une fois par an lors d’un pogrom télévisuel pour nos yeux et nos oreilles (et c’est tant mieux).

Evidemment, tout cela est subjectif, mais je n’apprécie pas vraiment le supplice sonore qu’offre la majorité des radios. Pour autant, je fais aussi partie de cette catégorie de personnes qui te répondent qu’ils écoutent de tout (la banalité de cette réponse m’a toujours exaspérée). Non, en pratique, on n’écoute pas de tout. Si je te mets le best of de Mireille Mathieu en boucle dans la voiture pendant le trajet Lille-Marseille, pas sûr que t’apprécies. J’ai donc clairement des affinités plus prononcées pour tel ou tel genre.

Tu es prêt ? Tu as branché ton casque à 200 balles pour écouter du mp3 sur Youtube ? Alors c’est parti ! Voici Therion, un groupe suédois, qui à l’origine faisait du death metal (tu sais la musique où le chanteur pousse la chansonnette façon ça). Mais ils vont opérer un changement radical à la sortie de leur album Theli en 1996. En effet, le leader du groupe en la personne de Christofer Johnsson est passionné de musique classique. Donc death + musique classique = métal symphonique. Le terme symphonique d'ailleurs n’est pas toujours synonyme d’immense orchestre accompagnant les guitares saturées, et c’est précisément le cas dans cet album puisque les « ambiances symphoniques » sont reconstituées avec des claviers. L’ensemble pourra donc paraître un peu « cheap » pour certains, mais c’est incontestablement pour moi l’un des meilleurs albums du genre. La preuve en musique avec cette superbe ballade de 10 minutes :

Le groupe sortira 2 ans plus tard un autre album majeur dans le genre : Vovin. Ce petit bijou confirmera définitivement Therion comme l’un des groupes indispensables à avoir dans sa discothèque. Vovin se démarque de son prédécesseur par l’utilisation d’un véritable orchestre pour interpréter les parties symphoniques. Si je suis plus réservé sur la suite de la carrière du groupe, ces deux albums à eux seuls font de Therion l’un des meilleurs groupes des années 90.